D-Side #39| mars-avril 2007



Quelque chose s’est passé, là où Silently noisy avait figé une écriture poétique mais au référentiel chargé, The floating world se dégage des contingences et laisse place à un vrai raffinement, une musicalité totalement renouvelée dont on doit la brillance à la persévérance et l’ouverture du trio français, ainsi qu’au cerveau et aux manettes de l’ingénieur du son Rémy Pelleschi (maître d’œuvre de Mlada Fronta). Dénués d’artifices, les parties vocales sensibles et vibrantes d’Elise Montastier incrustent le givre d’une surface hypnotique (l’immense " Japan garden ") dont les allures explosées gèrent plus la puissance qu’elles ne la libèrent (" Lésions internes ", " Smiling roses ") les aspects cold restent présent au monde (le percussif et le tendu « Another day »)mais infusent un son moins démonstratif que sur leur premier album. Bien mieux pensé, il génère de sinueuses poésies romantiques (le coulant « Le parcours » premier titre d’Olen’K assumé en français). La brillance des textures électro de Patrice Debet (l’obsédant et très surprenant électro-psyché « Star system ») se conjugue aux instrumentations acoustiques et rigoureuses de Manuel Costa, dans un souci constant d’épure. Distingué, le son aborde de nouveaux rivages world (le magnifique " Respirar ", traversé par la formidable voix noire de Mangane Ousseynou), asiatiques (" The Courtesan and the samurai "), et se dote d’une vrai percussion : celle d’Emmanuel Lajudie, dont la sobriété magnifie tout. La formation à corde Enigma offre un souffle émotionnel intense (" Musical ") à un disque qui voit Olen’K dépasser le rang de simple promesse pour incarner le précieux en musique. S’il reste à la puissance d’exploser, une beauté rare émerge. Peu peuvent se targuer de cela, mais le trio ne vise désormais que ce qui se passera demain. Vivement.